COMME ON PEUT – JHON RACHID

Date de sortie : Octobre 2019 – Edition : Michel Lafon – Prix : 24.95€

 

Je sais que c’est dur mais ne baisse pas les armes même si tu passes du rire aux larmes.
Pense au futur la vie est pure et pleine de charme

Sniper

 

Comme une évidence de commencer cet article par des paroles de Sniper. Après Djiguito, c’est au tour d’un autre ami de se lancer dans la BD, Jhon Rachid, aidé par L-Kim, lance enfin son autobiographie. Si je vous dis enfin, c’est parce que depuis que je le connais on parle de ce projet… Et le voir entre mes mains éveille réellement en moi un sentiment de fierté et de bonheur. Quid de cette ouvrage ? Ne vous attendez pas à voir des tutos sur comment faire une vidéo sur les profs ou un partenariat Clash of clans… Ici on parle de la vraie vie, ici on parle de sa vie, de son enfance

 

Derrière le fanfaron qui se grime en Karima sur YouTube se cache un gamin qui a grandi en foyer, une enfance dure mais qui forge le caractère et le cœur. C’est une facette  de Jhon Rachid que peu de gens connaissent, même s’il y a maintenant plus d’un an une vidéo intitulée « J’ai grandi en foyer » retraçait déjà une petite partie de ce qu’était son quotidien. Une vidéo qui à l’époque avait fait beaucoup de bruits et avait permis de saluer le travail quotidien des éducateurs qui accompagnent ces enfants en difficulté.

En tant que lyonnais et de la même génération, c’est assez étrange de se dire que lorsque j’allais me balader place Carnot avec ma mère, c’est peut-être Momo que j’apercevais jouer au foot au loin, sans trop penser au quotidien de ces gamins de mon âge. Un sentiment naturel à cet âge là, mais qui fait beaucoup réfléchir maintenant que je suis adulte et père.Si le début de Comme on peut est assez naïf, on voit par exemple comment se passait la petite vie de quartier populaire lyonnais, la candeur des enfants quand ils découvrent pour la première fois leur ami juif arborer sa kippa, les commerçants et prostitués de Perrache toujours souriants et protecteurs… Tel un film de Marcel Pagnol (sans l’accent marseillais), les premières pages de Comme on peut donnent le sourire et la nostalgie de cette époque Club Do’.

Au fil des pages, le sourire laisse place aux doutes, puis aux larmes. Quand je vous dis larmes, j’exagère à peine tant cela m’a ému. Voir ce gamin, perdu, incrédule face à ce qui lui arrive et les raisons qui l’éloignent de sa famille. Cette partie est d’ailleurs très dure à lire, et, en tant que fils de parents divorcés … et bien je me suis un peu retrouvé dans cette situation. Pas aussi extrême je pense. Mais je connais ce sentiment de remise en question, de remise en cause, cette sensation quand tu es gamin de te sentir responsable de ce qui arrive et … de juste chialer parce que tu comprends rien en fait.

Après avoir lu ça, et compris ce que peut ressentir un enfant suite à cet « abandon », les conneries, les fugues … tout ça n’est qu’anecdotique et nous permet de voir, si quelqu’un en doutait, qu’aucun enfant n’est mauvais. Il est juste influencé par sa famille, son vécu, ses émotions.

 

Note (/5)

Plus qu’une histoire, c’est une histoire vraie, sa vie que nous raconte ici Jhon Rachid, ce premier volume est très puissant et vous prend aux tripes. Si les dessins peuvent paraître un peu bruts de décoffrage au début, avec le temps, l’œil s’habitue et colle finalement très bien avec la dureté de l’histoire. Avec ce premier volume, le youtuber sort de sa zone de confort et s’essaye à un nouveau genre avec brio, Comme on peut nous permet d’en apprendre sur la vie de Jhon Rachid mais surtout sur celle de milliers d’enfants qui se retrouvent dans cette situation et dont on parle assez peu. Pouvoir parler de leur quotidien est un très beau message qui mérite d’être lu et partagé. Alors, oui, si vous comptiez rire avec cette BD, ce n’est pas la meilleure des idées, par contre je vous assure que vous passerez par d’autres émotions.

 

On est peut être pas tous nés sous la même étoiles, mais rien ne nous empêche de viser la Lune.

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