AVIS MANGA : CHIRURAN – TOME 1- 2

Date de sortie : Juin 2021 – Edition : Mangetsu – Prix : 7,90€

Après Ao Ashi et Le Mandala de Feu (bientôt disponible sur le blog), Chiruran est la troisième licence du tout nouvel éditeur Mangetsu à être commercialisé en France. A l’instar d’Ao Ashi, la sortie des deux premiers tomes est conjointe et le rythme de parution sera lui aussi identique avec un tome chaque mois jusqu’à la fin de la série. Comptez donc un mois sur deux pour vos tomes de Chiruran et Ao Ashi, un rythme intense mais qui nous permettra de rattraper les 29 tomes actuellement parus au Japon à une vitesse raisonnable.

Edo, 1859. Le shogunat Tokugawa vit ses derniers instants.
Toshizō Hijikata, 24 ans, s’entête à défier tous les samouraïs qui croisent sa route. Son rêve ? Devenir le sabreur le plus puissant de la capitale.
Des années plus tard, on le surnommera « le démon du Shinsen Gumi », une milice samouraï légendaire dont il prendra le vice-commandement…
À quoi pensait-il ? Que cherchait-il ? Et surtout, quelles vérités Shinpachi Nagakura, l’un des rares survivants de cette époque tumultueuse, révélera-t-il au sujet de son ancien compagnon ?

Première chose, et c’est un sujet qui risque de devenir récurent avec les éditions Mangetsu, la cover et le soin apporté à cette dernière. Ceux qui me suivent sur Twitter ont déjà vu mon ressenti sur celle du Mandala de Feu et son touché toile de maître et ne seront pas surpris d’apprendre que Chiruran possède lui aussi sa petite touche personnelle. En effet, si à première vue le lettrage du titre ressemble à de la calligraphie, on se rend compte rapidement en y regardant de plus près que l’intention est en réalité de représenter quelque chose écrit avec de l’hémoglobine, ou, tout du moins … on sent qu’un sabre aiguisé est passé par là. Même les numéros des tomes sur la cover sont légèrement tranchés … Ca me parait trop pour être une coïncidence.

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La couverture c’est bien, mais qu’en est-il de l’histoire et du style de ce Shonen ? Et bien il s’agit tout simplement d’un furyo à l’ambiance samouraï, plus réel qu’il n’y parait car une grande partie si ce n’est la totalité du cast a réellement existé. Que ce soit le narrateur Shinpachi Nagakura et son groupe de combat Shinsen Gumi, bon nombre de personnages, combats ou faits ont eu lieu dans une époque pas si lointaine de la nôtre, à savoir la fin de l’ère Edo. L’avènement des samouraïs et le passage du 19 au 20ème siècle qui sonne un tournant dans le style de vie et la politique du Japon. Pour nous narrer cette histoire Eiji Hashimoto (dessinateur) et Shinya Umemura (scénariste) utilise la carte de l’interview assez classique mais toujours efficace (cf Rose dans Titanic). Une jeune journaliste du nom de Makoto Ichikawa vient à la rencontre d’un vieillard connu pour être le capitaine du plus puissant groupe de guerriers su shogun.

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Cette jeune et courageuse journaliste s’intéresse tout particulièrement à ce groupe de samouraïs et certains rônins qui le composent en particulier. Cet aspect est particulièrement intéressant de mon point de vu car d’un côté il nous permet d’avoir cette narration fil rouge avec ce petit groupe que l’on suit et que l’on voit évoluer, et de l’autre cela nous permet de suivre tout un pan de l’histoire nippone assez peu connue de ce côté du globe. Comme je l’évoquais plus tôt, Chiruran se situe en fin de l’ère Edo, époque qui est synonyme de la fin de la dynastie des samouraïs et de l’entrée du Japon dans l’époque « moderne ». Un tournant historique qui mérite de s’y intéresser même sans ce pitch furyo (qui rajoute un peu de piquant … ne nous voilons pas la face). Concernant cette mise en situation, le duo d’auteurs parvient parfaitement à nous projeter dans ce Japon féodal, où la loi du Shogun fait encore foi.

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Le roster de personnage est quant à lui assez unique car outre Shinpachi, chaque personnage a sa propre histoire, son propre style de combat, son propre caractère … ce qui promet (et qui fait sens quand on sait la trentaine de tomes déjà dispos) de nombreuses aventures aussi bien sur le passé de nos héros, que le présent et leur futur.
Après Tokyo Revengers, voici donc un nouveau furyo qui débarque en France et qui mérite tout mon attention. Avec cette série déjà bien lancée au Japon, je ne peux que vous conseiller de prendre le train en marche dès maintenant que ce soit pour encourager les publications de ce genre, mais aussi pour découvrir cette œuvre qui s’annonce palpitante. Comme je vous le disais, l’édition est particulièrement soignée, les dessins sont d’une qualité assez rares et très travaillés, tandis que l’histoire nous porte à travers le Japon et les époques avec une grande fluidité.

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