AVIS BD : MA VIE POSTHUME

Disparu il y a maintenant un peu plus d’un an, le regretté Hubert m’a récemment touché avec ses œuvres comme Peau d’homme ou Joe la pirate. En cette fin d’année 2021, Glénat BD publie dans une nouvelle édition l’intégrale de la série Ma vie Posthume initialement sortie en 2012 et 2013 en deux tomes : Ne m’enterrez pas trop vite et Anisette et Formol. Dans cette superbe édition, les éditions Glénat nous montre une nouvelle facette de l’auteur, plus comique et romantique. C’est d’ailleurs en duo avec Zanzim (comme sur Peau d’homme) que cette série a aussi vu le jour à l’époque.

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A mi-chemin entre polar, fantastique et comédie, Ma vie posthume nous dresse le portrait d’Emma Doucet, une vieille veuve au caractère bien trempé qui n’est pas de tout repos pour sa malheureuse aide à domicile. Depuis le décès de son mari Pierre, elle n’est plus vraiment la même et attend son heure. Un jour, normal comme il y en a 1000 autres, elle tombe d’un escabeau. En se réveillant, elle constate effarée que sa chute n’est pas dû à de la maladresse mais à une balle qui lui a transpercé la poitrine …. Mais, malgré cet incident elle « vit » toujours parmi nous … c’est alors qu’on comprend (après quelques pages d’hésitation) qu’elle est morte vivante… Emma est devenue un zombie … mais qui va profiter de la vie à 100%.

Ma Vie Posthume – Intégrale
Avec ce pitch complétement barré, les auteurs misent sur la comédie sans pour autant tomber dans le ridicule des films de zombies. L’histoire est très touchante, le lien et l’amour indéfectible qui lie Pierre et Emma à travers le temps et la mort magnifique. Cette histoire d’amour va d’ailleurs être le fil rouge de ce tome, un fil d’Ariane qui va nous permettre de traverser tous les faits marquants de ce XXème siècle, en passant par la guerre. Une vision normale de la vie qu’ont pu vivre nos grands-parents.

En plus de cette histoire d’amour intemporelle, commence à apparaitre un feuilleton politique, à la limite de mafieux, dont on aura le fin mot qu’en fin de récit. Le tout est proposé sous un trait plutôt réaliste, avec un jeu de couleurs bien pensé par Zanzim. Ce dernier joue habilement sur l’âge de notre mamie zombie et malgré sa mort ne la rend pour autant pas mortifère. Si les mouches ont compris assez rapidement ce qui lui était arrivé, ce n’est pas encore le cas de toutes les personnes qui l’entourent … qui ne se doutent de rien pour le moment. Alors oui le teint d’Emma n’est plus aussi frais qu’avant, mais qui va oser dire du mal à une petite mamie.

Ma vie posthume de Hubert et Zanzim – EO

Ne sachant trop à quoi m’attendre avec cette BD, j’ai été agréablement surpris. J’ai beaucoup apprécié ce ton décalé et cette façon d’amener du fantastique dans ce récit réaliste. L’histoire d’amour entre Emma et Pierre porte le récit à merveille et permet de nous évader et parcourir cette France du XXème siècle. Une France campagnarde et pittoresque, marquée par la guerre, la collaboration et les magouilles politicienne. J’ai d’ailleurs été surpris à plusieurs moments par les retournements de situations ou rebondissements imaginés par les auteurs. Ces derniers relancent l’intrigue et donnent un second souffle à cette histoire de zombie … qui devient presque secondaire au final… Comme si c’était normal de voir ça … Et puis, comme tout conte … tout est bien qui finit bien … même quand on devient un zombie.

Enfin, petit mot sur l’édition qui est vraiment superbe avec des storyboards, dessins … en fin de tome, et une couverture à la texture très particulière et unique.

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