Copa City : le football tycoon
Avec Copa City, Triple Espresso tente un coup pour la Coupe du Monde : faire un jeu de football où l’on ne touche presque jamais au ballon ou à l’équipe. À l’inverse de Football Manager (décevant cette année au passage), le match se joue ici dans les rues, aux abords du stade, dans les files d’attente des snacks hors de prix et bourrés de sel, les fan zones et les tribunes. En tant que gamin des années 90 qui a grandi avec Theme Park World… autant vous dire que je me régale.
Le principe est simple sur le papier : organiser une grande rencontre de football en assurant que tout soit prêt avant l’arrivée massive des supporters. Dans les faits, Copa City devient vite une sorte de puzzle logistique. Il faut installer les bons services aux bons endroits, prévoir de quoi nourrir les fans, les divertir, éviter les mouvements de foule, les transporter et empêcher que la ville ne se transforme en chaos organisé.
Ce qui m’a tout de suite plu, c’est cette emprise sur l’ensemble des éléments qui tournent autour du stade et que l’on croise tous sur la route du match avec nos amis. Au début, on place quelques infrastructures avec assurance. Puis les profils de supporters se multiplient, les besoins s’empilent, les jauges commencent à tirer la sonnette d’alarme et l’on comprend que chaque choix a des conséquences. Mettre les familles près d’une zone trop agitée (un peu comme dans Jurassic World), négliger la sécurité d’un secteur ou sous-estimer la restauration peut rapidement faire enrager les foules en délire venues supporter Arsenal ou encore Marseille, car oui, le jeu possède six clubs sous licence (Flamengo, Dortmund, Beşiktaş et le Bayern complètent la liste).
La présence de ces clubs apporte aussi un vrai supplément d’âme (bon, même s’il n’y a qu’un seul Olympique et que c’est l’autre). Voir les couleurs, les chants et les habitudes de différentes communautés de supporters donne de la personnalité au jeu et aux rencontres. Ce n’est pas seulement une ville à optimiser : c’est une ville qui se colore, qui s’agite, qui réagit à nos décisions. Visuellement, le jeu est loin d’être une claque technique, mais il possède une vraie lisibilité en vue d’ensemble, avec des mouvements de foule plutôt convaincants et une ambiance sonore qui fait beaucoup pour l’immersion.
Tout n’est évidemment pas parfait. L’interface peut donner l’impression de se battre contre le joueur au lieu de l’accompagner, surtout quand plusieurs urgences apparaissent en même temps, et c’est bien le gros point de friction du jeu. Certaines manipulations deviennent répétitives, et la caméra manque parfois de souplesse lorsqu’on veut observer précisément ce qui se passe. Copa City a ce parfum de jeu ambitieux, mais qui va demander quelques itérations avant d’être plaisant à 100 % : les idées sont là, la composition globale fonctionne, mais quelques finitions manquent pour que l’expérience soit totalement fluide.
Reste qu’il y a quelque chose de vraiment intéressant à creuser dans cette proposition. Copa City ne cherche pas à concurrencer les simulations existantes, mais nous offre une autre perspective. Pour les amateurs de tycoon, de city-builder léger et de football, c’est une bonne opportunité, surtout pendant la Coupe du Monde.

